Ousmane Ouédraogo, Secrétaire général de la Coalition des OSC/ Burkina-Faso

Il faut dire qu’avec le Partenariat de Ouagadougou, il y a beaucoup d’avancées en ce qui concerne la planification familiale qui est bien sur la thématique clé qui mobilise aujourd’hui tous les 9 pays de la sous-région. Et je me dis que déjà au plan politique, le Partenariat permet quand même d’enclencher tout un mécanisme, comme Fatima aime bien le dire souvent  » un mouvement au niveau de la sous-région » ; j’aime bien cette appellation là. Au Burkina, que ce soit au niveau des politiques,  des parlementaires, des organisations de la société civile, des jeunes ou des religieux, on sent quand même tout un mouvement avec aussi un certain niveau de leadership, même si à ce niveau on se dit qu’il faut travailler encore à l’améliorer. Donc au plan politique, je dirai que ça a légèrement changé pas mal d’agendas parce que, au niveau du Burkina, je sais qu’il y a quelques années la planification familiale avait un peu perdu cette dose: sur le plan organisationnel il y avait pas mal de programmes mais on n’intégrait pas beaucoup la PF; le focus était beaucoup plus porté sur le VIH. Mais avec le partenariat, on sent quand même que les choses repartent un peu de la bonne manière avec un accent particulier sur la PF qui ressort un peu dans les priorités nationales. Je pense que c’est assez stratégique pour les pays que ce soit le PNDS qui est actuellement le document de référentiel national en matière de développement ou tous les référentiels de santé au niveau donc du Burkina Faso. Et je crois que cette thématique fait partie des axes majeurs.

Sur le plan du dialogue national, il faut dire que ça a beaucoup contribué à mettre les acteurs ensemble, et il y a quand même pas mal d’initiatives grâce auxquelles, nous, acteurs de la société civile ne nous sentions plus écartés des mécanismes des cadres qui étaient pris au plan national, pour discuter des questions politiques et stratégiques. Grâce à la PF, il faut dire que les mécanismes prônés par l’UCPO avaient causé toute une stratégie de sensibilisation de nos politiques, et ont quand même amené nos acteurs politiques à mieux comprendre les choses mais aussi certains enjeux par rapport à l’implication je dirai même de la société civile. Et avec la planification familiale notamment le Partenariat de Ouagadougou, on sent quand même que les acteurs apprennent à travailler ensemble: cela a créé tout un déclic. Aujourd’hui on s’assoit au tour de la même table avec des vieux, des religieux, des jeunes, des organisations féminines; alors qu’hier j’étais avec des collectivités pour bâtir encore un plan au profit de TCI.

Je pense qu’il n’y a pas assez d’initiatives multi sectorielles actuellement tout simplement parce qu’il a fallu une politique sous régionale et aussi inciter nos Etats à aller vers une approche un peu concertée où l’on met tous les acteurs ensemble. Voilà ce que je constate un peu au niveau de nos pays. Et l’autre aspect pour moi c’est ce que ça a
apporté à la société civile qui se sent assez responsabilisée, interpelée à tout moment même par les politiques et, c’est pour cela que je disais hier que nos politiques ont changé de vision par rapport à ce que peut apporter la société civile. J’avais cette image un peu faussée de la société civile, mais je sens que les choses se sont beaucoup améliorées. Je les perçois comme les vrais éléments de plus value sans rentrer dans les résultats, parce qu’en termes de résultats, nous savons que le Partenariat a beaucoup accéléré les résultats au niveau de Burkina. Alors qu’on est partis d’un objectif de 15%, l’EMDS nous donne aujourd’hui 22.5%. Pour moi c’est une performance et c’est extraordinaire. Je pense donc que le Partenariat en somme a beaucoup apporté.